22 février 2006

Déménagement

Après ces premiers pas concluants (pour ma part) dans la blogosphère. Je me suis mis à la recherche d'un hébergeur de blog offrant plus de souplesse dans la conception et le design. Je l'ai trouvé et je suis en train de travailler dessus. Après une journée de dur labeur. Il est en ligne à cette adresse.
Ce blog ne sera donc plus actualisé à partir d'aujourd'hui.

20 février 2006

Remplaçant In real life.

La réalité d'un métier de contact avec toutes les tensions qui en découlent.

Nous sommes soumis à la critique constante du public concerné sur la moindre de nos décisions. Un jour nous sommes racistes, le lendemain pro-arabe, nous n'aimons pas nos élèves. Nous ne sommes pas assez sévères, puis trop intransigeants. Il faut composer au fil du temps avec l'éternelle insatisfaction de la nature humaine, avec l'attitude consumériste des parents d'élèves. Il est tellement facile d'adopter une attitude résignée, de donner raison aux gens qui considèrent les enseignants comme de simples gardiens d'enfants, à leur disposition. Trop facile sans doute...

Cette réalité sociale, loin de dégoûter du métier, montre l'échec annoncé de la politique actuelle du gouvernement. Supprimer le statut des ZEP les mieux loties pour doter les plus difficiles. Car il s'agit bien de déshabiller Paul pour habiller Pierre. Que vont devenir les ZEP mieux loties sans les subventions : les équipes relativement stables vont se disperser. Le turn-over sera accentué. Les enseignants, sachant qu'ils ne resteront qu'une année s'investiront beaucoup moins. La confiance (déjà faible) des parents pour l'école va subir une chute libre. Les maigres progrès réalisés alors vont s'évaporer en quelques années. Et la situation sera revenue au point de départ. Les politiques éducatives à court terme, dans une optique passéiste et conservatrice ne pourront qu'amener à de nouveaux conflits sociaux ainsi qu'au nivellement du système français par le bas.

Sinon à un niveau plus personnel, voici venu le temps des premières menaces physiques de ma carrière, fondées sur un agglomérat de rancoeurs diverses, la plupart fondées sur des propos d'enfants dénués de fondement et sans qu'aucun dialogue n'aie été amorcé préalablement. Les gens oublient le dialogue comme solution première de tout les conflits et préfèrent jouer la carte de l'insulte, de la menace physique qui les conforte dans leur position de victime une fois les poursuites engagées...

Mais les vacances sont là et avec elles, le ski, les repas entre amis et les préparations (l'école... toujours l'école). La rentrée apportera son lot de bonnes et de mauvaises nouvelles mais chaque chose en son temps.

10 février 2006

La phrase du jour

Le couple ça te pique aussi de la bande passante."
Cpt Fab, le 10.02.06 (parlant d'Emule)

Libellules_épileptiques (Port Folio)


Les poèmes ci-avant ont inspiré un très beau dessin dont je me permets de publier l'ébauche en attendant la version finale. Merci Annick

Du prétoire au défouloir

Je reprends ma réponse à un post sur l'affaire d'Outreau lisible à cette adresse.

Ta réflexion rejoint la mienne sur cette histoire. Le parallèle entre l'inexpérience du juge et de l'enseignant est tout à fait juste. Mais je trouve l'opinion publique, médiatique, de même que cette commision profondément hypocrite de pousser de grands cris d'orfraie après avoir craché sur ces accusés auxquels on avait oublié d'accorder la présomption d'innocence. Je ne pense pas qu'il y ait une seule personne en France qui n'ait pas pensé : "mais ce sont vraiment des monstres". Il est beaucoup plus facile après coup de dire : "mais comment a-t-on pu enfermer cette brave dame, ou ce jeune couple ?" alors que plusieurs enfants les accusaient de choses innommables. Des enfants mentent tous les jours de façon très convaincante pour des broutilles...

Si la tâche du juge demande l'impartialité, il n'en reste pas moins un être humain et face au soupçon d'actes atroces et inhumains sur des enfants la réaction est épidermique. Le juge n'en est pas excusable pour autant, il a sans doute commis de graves erreurs.

J'admire Roselyne Godard, une des acquittées d'Outreau qui n'a pas souhaité s'associer au lynchage public de l'ennemi numéro 1 du moment.

La France danse un numéro d'équilibriste, une forte demande de repli sécuritaire d'un côté et une indignation face à la justice (incarnation de tous les vices). Il n'y a pas de repli sécuritaire sans injustices, car le processus devient trop rapide, les gens sont arrêtés, emprisonnés, jugés sans prendre le temps de la réflexion pourtant au combien nécessaire. La justice est lente mais il faut quand même se rappeler qu'elle ne coupe plus les mains aux voleurs et qu'elle n'électrocute pas les violeurs d'enfants (la réaction épidermique le voudrait pourtant).

Les mêmes députés, bons pères la morale, viennent eux-même de voter une loi permettant de faire beaucoup plus facilement ce qu'ils reprochent à l'affaire d'Outreau : retenir en détention préventive sans la présence immédiate d'un avocat une personne soupçonnée de complicité terroriste. Par contre, je doute que Mohamed, injustement soupçonné de complicité avec des terroristes bénéficie du même soutien médiatique et public que les acquittés d'Outreau. Entre sécurité et justice, le dilemne existe...